Mycènes musée archéologique
Le musée de Mycènes a été construit récemment au pied de la face nord de la cidatelle. L'aspect exterieur du bâtiment représente la structure d'un palais mycéen.
L'ouverture du musée a permis de rapatrier sur le site des d'objets issus des fouilles et qui étaient auparavant exposés dans le musée de Nauplie**.
Le musée se compose d’un vestibule et de trois salles sur deux niveaux. Dans le vestibule, la maquette de l’acropole de Mycènes* et des environs immédiats permet de mieux appréhender la structure du site.
Les deux premières salles présentent des objets de l’époque mycénienne alors que la troisième rassemble les objets de l’époque dorienne et hellénistique.
Un certain nombre d'objets précieux comme le masque d'Agamemnon ou des bijoux en or sont des copies des originaux qui restent exposées dans les salles dédiées à la civilisation mycénienne dans le musée archéologique d'Athènes.
Photo Michel Ledeuil : le bâtiment du musée vu de la citadelle |
Photo Michel Ledeuil : maquette du palais de Mycènes et du mégaron |
Les fresques ont été retrouvées dans le centre religieux de la citadelle de Mycènes situé à proximité du cercle funéraire A. Les fragments des fresques représentent des femmes faisant des offrandes.
L'une d'entre elles tient des épis de blé. Il est impossible de savoir s'il s'agit d'une représentation d'une divinité, comme Déméter ou d'une prêtresse du centre religieux ou encore d'une princesse mycénienne faisant des libations.
Cette fresque***, datée de 1250 av. J.-C., nous donne une bonne vision vestimentaire de l'époque de la guerre de Troie. L'inspiration minoenne me paraît évidente lorsqu'on compare les fresques retrouvées lors des fouilles à Cnossos en Crête ou à Akrotiri à Santorin.
Ceci accrédite l'hypothèse de la conquête par les Achéens de l'empire minoen après les destructions générées dans les Cyclades et en Crête par l'explosion du volcan de Santorin, trois siècles auparavant.
Photo Michel Ledeuil : musée de Mycènes femme tenant des épis de blé |
Photo Michel Ledeuil : musée de Mycènes fresque du centre religieux |
Les copies du masque appelé injustement d'Agamemnon et les colliers ou parements en or, sont présentées dans une vitrine de la seconde salle. Leur exposition laisse à désirer et il est difficile de prendre de belles photos.
Néanmoins, le masque*** retrouvé dans une tombe du cercle funéraire A et réalisé en or repoussé est fidèle à l'original. Les yeux clos, les oreilles stylisées, la barbe et la moustache, les pommettes saillantes et l'expression de la bouche hautaine, presque méprisante, donnent à ce masque une très grande véracité.
Photo Michel Ledeuil : musée de Mycènes parements en or |
Photo Michel ledeuil : musée de Mycènes copie du masque d'Agamemnon |
Un grand nombre de poteries réalisées entre 1.500 et 1.200 av. J.-C. sont superbement exposées dans les vitrines de la deuxième salle. La dernière salle nous propose des vases de l'époque géométrique.
Il y a lieu de s'attarder également devant la vitrine** consacrée à l'écriture en linéaire B, sur des tablettes en terre cuite et sur un grand nombre de sceaux qui constituent des chefs-d’œuvre miniatures.
Photo Michel Ledeuil : musée de Mycènes, poteries de l'époque mycénienne |
Photo Michel Ledeuil : musée de Mycènes, poteries de l'époque mycénienne |
Photo Michel Ledeuil : musée de Mycènes, poteries et bijoux |
Photo Michel Ledeuil : musée de Mycènes, poterie à décor géométrique |
En conclusion, ce musée constitue un complément indispensable à la visite de la citadelle afin de prendre conscience du développement culturel et artistique de l'époque mycénienne.
Tous ces objets ou parements sont venus jusqu'à nous, grâce aux rites funéraires de ces populations qui vivaient entre 1.750 av. J.-C. et la destruction de la civilisation mycénienne en 1.200 av. J.-C. provoquée par l'arrivée des Doriens.
Ces objets et ces rites sont contemporains d'Hatchepsout, de Néfertiti et de Ramsès II.
Ils démontrent que la civilisation grecque était au moins aussi développée que la civilisation égyptienne. Mais elle n'a pas pu se protéger des invasions venues du nord alors que le sable du désert et l'éloignement relatif de l'Empire égyptien des zones de conflits ont permis de conserver les fabuleux vestiges de la vallée du Nil.